- Le feu : la mémoire du temps
David Aiu Servan-Schreiber forge le métal, le façonne au contact du feu, jouant avec la chaleur et la fusion pour interroger la trace du temps. Dans ses œuvres, le fer, l’acier ou le bronze subissent des altérations, des oxydations, évoquant l’éphémère et la permanence, la destruction et la renaissance. Chaque sculpture porte en elle la mémoire du geste, du passage du feu et de l’action du temps qui patine et transforme la matière.
- Le sable : matière en mouvement
Lara Nabawy magnifie le sable, élément évanescent et pourtant ancestral. Elle travaille sa texture, sa finesse, le fige dans des formes abstraites où le mouvement semble encore perceptible. Entre fluidité et rigidité, ses compositions jouent sur la sensation d’impermanence et de métamorphose, questionnant la nature changeante de la matière et son rapport au vent, à l’eau, aux forces invisibles qui la façonnent.
- Lin, inox, cuivre : entre transparence et opacité
Morgane Baroghel -Crucq sculpte l’air à travers des matériaux contrastés : le lin, l’inox, le cuivre. Elle joue sur la légèreté et la densité, l’opacité et la transparence, créant des œuvres suspendues entre présence et absence. Ses sculptures semblent flotter, vibrer avec la lumière, captant les souffles et les mouvements de l’espace environnant. En mêlant matériaux naturels et industriels, elle questionne la frontière entre nature et artifice, entre solidité et fragilité.
- Terre et son : la mémoire des objets
Mathilde Wittock travaille la terre et la matière en lien avec le son et la mémoire. Elle collecte des objets anciens, fragments du passé, et les transforme en nouvelles formes sculpturales et sonores. Ses œuvres résonnent comme des échos du temps, où la matière retrouve une seconde vie. Entre inspiration passé et création contemporaine, elle tisse un dialogue entre le passé et le présent, entre l’histoire des éléments et leur réinterprétation artistique.
- Pierre et matière humaine : entre nature et artifice
Mattia Bosco interroge le rapport entre la pierre brute et la matière créée par l’homme. En fusionnant la roche avec des composants artificiels, il génère une nouvelle texture, une hybridation entre nature et intervention humaine. Ses œuvres soulignent la mutation des matériaux sous l’action de l’homme et posent la question de ce qui est "naturel" à une époque où notre empreinte façonne irrémédiablement notre environnement.
Une expérience sensorielle et contemplative…À travers ces cinq démarches singulières, AETERRA invite à une réflexion profonde sur notre lien aux éléments, sur leur transformation et leur devenir. Chaque œuvre dialogue avec la matière et le vide, le solide et l’impalpable, révélant la beauté fugace des métamorphoses naturelles et humaines. Cette exposition est une invitation à ressentir, à contempler, et à interroger notre propre relation aux éléments qui nous entourent et nous constituent.